Les 7 et 10 avril 2026, le campus parisien de l’ESSCA a accueilli deux ateliers d’une journée, consacrés à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle dans la recherche en sciences sociales.
Ces sessions s’inscrivaient dans le cadre du Symposium sur l’IA comportementale appliquée à l’éducation, au travail et à la prise de décision, organisé au sein de l’alliance universitaire EUonAIR et cofinancé par l’Union européenne.
Pendant deux journées particulièrement immersives, les chercheurs de l’ESSCA ont travaillé directement sur leurs propres problématiques de recherche, en explorant concrètement les façons dont l’IA peut s’intégrer dans des processus de recherche réels.
Un constat partagé est rapidement apparu : la majorité des recommandations existantes sur l’« IA pour la recherche » se limitent à l’usage de chatbots conversationnels, utiles pour certaines tâches, mais largement insuffisants pour répondre aux exigences du travail académique rigoureux. Les ateliers ont ainsi fait le choix délibéré de dépasser cette approche.
Comprendre les fondements de la recherche assistée par l’IA
La première journée a été animée par Maksim ZUBOK (Université d’Oxford, sciences politiques) et s’est concentrée sur les fondements méthodologiques. Les participants ont analysé le fonctionnement des modèles de langage et l’impact de la formulation des instructions sur les résultats produits.
Ils ont notamment appris à considérer les prompts avec le même degré d’exigence méthodologique que les questions d’un questionnaire de recherche.
L’après-midi a été consacré à des travaux pratiques, avec la mise en place de systèmes permettant aux outils d’IA de raisonner à partir des documents des chercheurs, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des données pré-entraînées.
Des méthodes aux workflows
La seconde journée s’est inscrite dans une logique plus orientée « workflow », sous la direction de Rubén FERNANDEZ-FUERTES (Université Bocconi, finance).
Les participants ont appris à traduire leurs tâches de recherche en instructions claires et accessibles, en langage naturel pour traiter des corpus de documents, nettoyer des jeux de données ou encore croiser et vérifier des résultats.
Ils ont pu observer comment des agents d’IA peuvent exécuter ces tâches sans nécessiter de compétences en programmation.
Des résultats concrets et un impact durable
L’un des principaux atouts de ces ateliers résidait dans leur dimension résolument pratique. À l’issue des deux journées, les participants avaient configuré des dispositifs opérationnels sur leurs propres ordinateurs et acquis une vision plus précise des domaines dans lesquels les outils d’IA peuvent apporter un soutien fiable, ainsi que des situations où la vérification humaine demeure indispensable.
L’environnement interdisciplinaire de l’ESSCA a favorisé des échanges ouverts, un esprit critique et un dialogue entre disciplines, garantissant des workshops à la fois techniquement productifs et intellectuellement stimulants. Cette expérience a mis en lumière l’importance de créer des espaces permettant aux chercheurs de passer de l’expérimentation avec l’IA à une utilisation véritablement intégrée et pertinente dans leurs pratiques de recherche.
Une initiative qui mérite pleinement d’être reconduite.
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