L’intelligence artificielle est désormais pleinement installée dans les entreprises européennes. Mais les règles, les pratiques de gouvernance et la connaissance du cadre réglementaire progressent moins vite que les usages.

En partenariat avec Forvis Mazars, l’Institut « AI for Sustainability » de l’ESSCA publie la deuxième édition de son Baromètre IA Entreprise et Durabilité

Menée en mars 2026 auprès de 826 professionnels de l’IT et du digital en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne, l’étude analyse l’intégration de l’intelligence artificielle dans les organisations et ses effets sur la durabilité. Elle approfondit les indicateurs établis en 2024 et intègre quatre sujets devenus incontournables : les agents autonomes, le Shadow AI, le code assisté par l’IA et la souveraineté numérique.

L’IA est sortie de la phase d’expérimentation et les usages se généralisent

Près des deux tiers des entreprises disposent désormais d’une équipe dédiée à son pilotage et 57% forment leurs collaborateurs. Cette dynamique devrait se poursuivre puisque 58% des répondants prévoient une augmentation des investissements dans l’IA. Elle reste néanmoins souvent défensive : la crainte de prendre du retard constitue encore le premier motif d’investissement.

Dans le même temps, les usages se généralisent et se diversifient. Les modèles de langage sont utilisés pour les tâches bureautiques dans 80% des entreprises interrogées et pour la recherche documentaire interne dans 60% d’entre elles. Les agents autonomes passent également en production : 35% des organisations les utilisent déjà, dont 7% de manière intensive.

Cette accélération soulève toutefois un enjeu majeur de gouvernance. Deux tiers des répondants constatent des pratiques de Shadow AI, c’est-à-dire l’utilisation, par les salariés, d’outils d’IA sans supervision de leur entreprise. Or, moins d’une organisation sur deux a formalisé des lignes directrices éthiques et seuls 28% des professionnels interrogés estiment que leur entreprise connaît bien l’AI Act.

Enfin, si 61% des répondants considèrent que l’IA exerce un effet positif sur le développement durable dans leur entreprise, son empreinte environnementale reste encore peu mesurée : seulement 30% des organisations suivent sa consommation énergétique et 25% évaluent ses émissions nettes de gaz à effet de serre.

Cette nouvelle édition invite ainsi les entreprises à dépasser une logique de rattrapage technologique pour construire une stratégie fondée sur des besoins clairement identifiés, la valeur créée et un cadre d’utilisation responsable.

Rédigé le 06/10/2026
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